Top-m'en-cinq!

Publié le par Aigri-man

Top-m'en-cinq!

Pour changer un peu voici un Top 5 des expressions qui étaient marrantes au début mais qui sont devenues insupportables. Si vous utilisez l'une d'elle en public, ne vous étonnez pas si vous recevez des pierres sur la tronche.

Oh, et petite précision : si les gens rient ce n'est pas de votre blague, mais de vous.

N°5 : le "Précieux"

Pour ceux qui ne connaissent pas (si, si, ça existe), il s'agit d'une expression de Gollum (une créature cupide, imbécile et pathétique) dans le Seigneur des Anneaux pour désigner l'Unique, un anneau de badass qui finalement ne sert pas à grand-chose.

Compte-tenu de son origine, ce terme est surtout repris par les geeks, rôlistes et autres acheteurs compulsifs et désigne un produit annoncé et attendu avec impatience. Une fois celui-ci en leur possession il perd toute aura de désirabilité, un autre produit endosse le rôle de "Précieux", et le cycle se répète inlassablement.

Les grandes similitudes entre l'origine de l'expression et son utilisation actuelle ne manquent pas d'une certaine ironie...

N°4 : la version "arbre mort"

À l'heure de la dématérialisation, on distingue fréquemment la version numérique d'un livre de celle plus traditionnelle, imprimée sur du bon vieux papier qui va bien. C'est pour cette dernière que l'on entend (trop) souvent parler de "version arbre mort" (car le papier est fait principalement à partir de fibres de bois, non mais faut tout vous dire, à vous!).

Une fois de plus, tout ça n'est pas dénué d'une certaine ironie, puisque les utilisateurs de cette expression sont en général les premiers consommateurs d'ouvrages imprimés (qu'ils font fièrement trôner dans leurs bibliothèques en bois). C'est comme si un mec vous disait que c'est une honte de tuer les animaux alors qu'il engouffre une grosse bouchée de steak bien juteux.

Si c'est pas du foutage de gueule, je sais pas ce que c'est...

N°3 : "Comme ma b... "

Cette phrase vient en général après que quelqu'un a fait allusion à un objet long, grand, beau, énorme, monstrueux, etc.

Au-delà du simple plaisir de dire "bite" en public et de se flatter au passage en prétextant une plaisanterie grivoise, cette "blague" (si l'on peut dire) ne reflète que la capacité de son auteur à réagir à un mot déclencheur par un réflexe conditionné. Un bon con de mouton, quoi.

Bref arrêtez avec ça, c'est nul et pas drôle (en plus d'être ridicule). De plus il n'y a que vous qui vous intéressez à la taille de votre appareil génital, et si ça vous tracasse tant que ça c'est qu'il ne dispose certainement pas des caractéristiques que vous lui prêtez.

La juste place de cette blague de merde est aux côtés de son aînée de sinistre mémoire : "Dans ton cul."

N°2 : " ...ou pas!"

Un nouvel exemple d'expression qui s'est répandue comme une traînée de poudre pour devenir si fréquente qu'elle en est devenue insupportable. Il ne s'agit pas d'une blague, elle ne veut rien dire de spécial, et n'a pas d'utilité particulière, hormis de rendre totalement vaine la phrase qu'elle suit.

C'est en quelque sorte un gros panneau "Inutile" placardé sur toute assertion à laquelle elle fait référence, comme pour signifier "Je n'ai rien à dire mais je parle quand même, mais comme je mets un petit truc rigolo à la fin de ma phrase ça me dédouane du temps que je vous ai fait perdre".

En revanche si elle est utilisée par une autre personne, attention cela prend un sens un peu différent. C'est plutôt "Tu dis de la merde mais comme je n'ai pas le courage de dire que je ne suis pas d'accord je vais signifier ma désapprobation sous couvert d'une réflexion amusante, et avec un peu de chance personne ne se rendra compte de rien".

Bref à bannir si vous ne voulez pas perdre le peu de crédibilité dont vous disposez.

N°1 : "Ça, c'est fait!"

Cette expression fait en général suite à une blague pourrie mais attendue, comme si quelqu'un était obligé de la faire (ou comme une espèce d'excuse déguisée). C'est une autre des ces petites phrases ambigües dont on ne sait jamais trop s'il s'agit d'un gros foutage de gueule ou d'une sollicitude un peu contrite. Une déclaration "demie-molle" qui veut tout et rien dire, mais qui fait office de signe de ralliement pour les déshérités de l'humour, les miséreux de la blague, les clochards du calembour.

Elle est presque toujours suivie par une série de petits rires nerveux, signifiant l'inconfort général dans lequel cette phrase place l'assistance qui est à la fois désolée pour son auteur et pour elle-même. C'est un peu comme lors d'une réunion de famille ou le petit neveu lâche une énorme connerie très embarrassante ("Moi j'ai vu tonton tout nu avec la femme de ménage") et que tout le monde rigole pour faire genre il-ne-s'est-rien-passé-de-grave pour cacher sa gêne.

Bref ne dites plus "Ça, c'est fait". C'est incommodant pour tout le monde, et ça n'apporte strictement rien à quoi que ce soit, à part le fait de démontrer votre totale inaptitude à faire preuve de spiritualité en société. Épargnez donc ça à tout le monde.

En guise de conclusion

Un conseil gratuit : si vous pensez n'avoir rien d'intéressant à dire, c'est sans doute le cas. Donc soit vous fermez votre gueule, soit vous vous en foutez et vous y allez quand même gaiement en balançant une grosse connerie (mais une vraie). Assumez, mais ayez au moins la délicatesse de faire preuve de bon goût.

Devinez quelle solution j'ai choisie?

Publié dans Bla-bla

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M
Tu as choisi de te taire car si une chose n'est pas plus profonde que le silence, il est de bon ton de choisir le silence... ou de chercher du pétrole.
Cette phrase ne veut rien dire donc je vais me coucher (bon exemple de chose à taire... ah, là aussi, bon je m'arrête... QUE QUELQU'UN M'ARRÊTE !
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D
ça, c'est fait !!
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S
(Ou pas)