L'Oeil de Kilquato (deuxième partie)

Publié le par Aigri-man

Moi : Je ne suis pas vraiment sûr d'avoir envie de faire ça...

Bounifle : Trop tard, on est installés, j'ai déplié le tapis de voitures...

Bluesman : J'ai pas pris mon Prozac cet aprèm'...

Astrophe : J'ai amené la tête de tapir.

Moi : Justement, j'ai l'impression de me faire espionner par un Soporifik.

Bluesman : SOPORIFIK lance SOMMEIL.

Astrophe & Bounifle : C'est super efficace!

Moi : Après cette référence à l'enfance de milliers de petits enfants attardés, on peut s'y mettre?

Astrophe, Bounifle, Bluesman : Ouais!

Moi : J'entends rien!

Astrophe, Bounifle, Bluesman : OUAIS!

Moi : BON! Vous naviguez donc sur l'Amazone, à bord de l'Amazonia, en direction du village de Pinobe. Enfin vous espérez, vu que vous avez balourdé votre guide à la flotte.

Bounifle : Il avait une moustache, faut dire, et il était avec eux...

Moi : Au bout d'un moment vous vous rendez compte qu'un autre bateu vous suit, et s'approche de plus en plus.

Astrophe : "Ok, Chico, on met la gomme! Passage en vitesse-lumière!"

Bounifle : "Holà, doucement p'tit gars, prends ta pelle et ton seau et va jouer. Piloter un vaisseau en vitesse-lumière c'est autre chose qu'une moissonneuse-batteuse!"

Moi : Bon stop, là. On joue pas à Star Wars, hein?

Bluesman : Aaaah c'est pour ça que je comprenais rien!

Astrophe : Non, ça c'est parce que t'es défoncé.

Bounifle : Je l'arrose avec ma mitraillette!

Moi : Vous êtes un peu trop loin, malheureusement. Tu remarques en revanche qu'eux ont une mitrailleuse lourde fixée sur le toit du bateau. Les gars ont des dégaines de pirates, mais tu en reconnais certains du village. Ça sent les représailles.

Bounifle : Ok, je prends un bocal de termites et je le jette sur leur pont, pour qu'elles bouffent leurs jambes de bois.

Bluesman : Pas con, elles vont en faire du gruyère!

Bounifle : "Ouais, et nous qu'est-ce qu'on en fait du gruyère?"

Bluesman et Astrophe : "On le bouffe!"

Bounifle : "Oui, mais avant ça?"

Bluesman et Astrophe : "On le rape!"

Bounifle : "Oui, mais avant ça?"

Bluesman et Astrophe : "On le dévisse des moignons des pirates et on leur tape dessus avec!"

Bounifle : "Yahaarrrr, voilà ce que j'aime entendre, moussaillons!"

Moi : Non. Juste non. On vient juste de commencer que j'en ai déjà ma claque. Déjà les pirates, c'est eux, pas vous. Ensuite c'est pas des pirates avec crochet, jambe de bois et perroquet. C'est des locaux habillés normalement. Et si tu es trop loin pour leur tirer dessus, tu ne peux pas jeter un bocal de termites sur eux.

Bounifle : Nan mais j'ai dressé les termites pour qu'elles volent en portant le bocal, comme ça je peux le lancer aussi loin que je veux.

Moi : De toute façon tu n'as pas de bocal de termites.

Bounifle : Pfff, bon ben j'essaie de le semer en zigzagant entre les troncs d'arbre mort qui flottent à la surface. C'est possible ça?

Moi : C'est difficile car leur bateau est plus maniable, mais tu parviens à garder une certaine distance.

Astrophe : "Ils gagnent du terrain! Ils seront bientôt à portée de tir de leur mitrailleuse!"

Bluesman : "On va tous mourir!"

Astrophe : "Arrête de sourire quand tu dis ça!"

Moi : Kentucky, fais-moi un jet de Navigation tiens.

Bounifle : Woh purée le jet de mouleux!

Moi : Merde, ils ont foiré le leur... Bon à force de louvoyer dans les eaux calmes du fleuve tu réussis à les forcer à se planter contre un gigantesque tronc à la dérive. Tous les pirates tombent à l'eau, et vous voyez des crocodiles se diriger lentement vers eux alors qu'ils commencent à se débattre. Est-ce que vous allez les aider?

Bounifle : Est-ce qu'ils ont des moustaches?

Moi : Oui.

Bounifle, Astrophe, Bluesman : Qu'ils crèvent!

Moi : Alors que vous vous éloignez, vous entendez les hurlements des pirates alors qu'ils se font déchiqueter par les reptiles. Les eaux se teintent progressivement de rouge, et bientôt le calme revient, comme si rien ne s'était passé.

Astrophe : Mais il ne s'est rien passé.

Bounifle : Non, rien du tout.

Bluesman : Tout à fait, le bateau échoué était déjà là quand on est arrivés, mais il n'y avait personne à son bord. On voulait pourtant essayer de filer un coup de main, hein?

Moi : Je sais pas qui vous essayez de convaincre, là...

Astrophe : Bref! On y arrive bientôt à Pinobe?

Moi : Oui, par un hasard scénaristique absolument incroyable vous avez bien pris le fleuve dans le bon sens, et au bout de quelques jours de voyage sans histoire vous arrivez au village. Les huttes sont faites de branchage et vous apercevez des indigènes, le corps couvert de peintures tribales et vêtus seulement de pagnes en feuilles séchées.

Astrophe : "Kentucky, essaye de ne pas les tuer tout de suite, d'accord?"

Bounifle : "Non mais tu me prends pour qui, là?" Est-ce qu'ils ont des moustaches?

Moi : Non.

Bounifle : Dans ma grande mansuétude, je leur laisserai donc la vie sauve.

Astrophe : D'un bond gracieux je saute à l'eau pour rejoindre la berge. Alors que je m'extrais de l'onde telle une naïade je secoue ma chevelure abondante, projetant des goutelettes en tous sens qui forment comme une aura irisée autour de mon corps ruisselant.

Moi : Les hommes bavent, les femmes font la gueule.

Bounifle : J'attends d'avoir pied pour descendre, histoire de ne pas mouiller mes armes.

Bluesman : Hors de question que je mette le pied dans cette eau qui m'a l'air pleine de bactéries dégoûtantes. Je monte sur les épaules de Kentucky.

Bounifle : Nope.

Bluesman : Ok, alors une fois que vous êtes à terre, je me tire avec le bateau avec un rire diabolique.

Bounifle : Ok, monte.

Astrophe : Je demande à parler au chef.

Moi : Pas facile de te faire comprendre, ils ne parlent pas anglais.

Astrophe : Moi non plus.

Moi : Si, tu parles anglais, tu es américaine.

Astrophe : La classe! Je savais même pas que je pouvais parler anglais! Comment je suis trop talentueux! Ah ça vous la coupe les gars, hein?

Moi : Nan mais ton personnage parle anglais, pas toi, c'est du jeu de rôle, tu te souviens?

Astrophe : Non, pas vraiment, non.

Bluesman : "Laisse-moi faire Alexandra, j'ai l'habitude de venir apporter à ces tribus reculées les bienfaits de la civilisation qui ne manqueront pas de les faire sombrer dans l'alcool et les vices modernes. Bientôt ne subsistera d'eux que des déchets alors que leur culture sera éradiquée par la toute-puissance du merchandising." Sur ce je m'approche de celui qui a l'air le plus malin et j'essaie de lui parler en espagnol.

Moi : Il y en a un qui baragouine un peu, et tu réussis à te faire comprendre. Il vous conduit rapidement vers l'ancien du village.

Bounifle : Attends je rêve ou Bluesman a fait preuve d'initiative, là? En plus il a fait un truc utile!

Bluesman : C'est censé vouloir dire quoi ça?

Bounifle : Non, non, rien...

Moi : Vous parlez de votre mission à l'ancien. Lui a de vagues notions d'anglais, la communication est donc plus facile. Il vous explique qu'il y a un temple abandonné plus loin dans la jungle, mais vous met en garde, car "les ruines saignent à nouveau".

Astrophe : Non mais y'en a marre de ces vieux débris qui parlent par énigme, là! Ils peuvent pas dire les choses clairement pour une fois?

Bounifle : Ok on s'en fout, direction les ruines. Tiens on a pas de la verroterie sur le bateau, genre des tessons de bouteille ou des capsules de bière?

Moi : Si, plein, vous les avez amené pour négocier.

Bounifle : Ben on leur file, allez, on est pas des ratons.

Astrophe : Attends, attends, on leur donne tout? Nan parce que faudrait pas qu'ils se sentent obligés de nous proposer un repas de mille-pattes ou de je-ne-sais quel truc dégueulasse qu'ils bouffent dans le coin!

Bluesman : Non non, c'est bon, en général ils sont anthropophages.

Astrophe : Ah, ouf, ça va alors.

Moi : Tu sais pas ce que ça veut dire "anthropophage", hein?

Astrophe : Pfff n'importe quoi, c'est quand on mange des anthrocôtes!

Bluesman : Bon de toute façon on a pas le temps, là, faut avancer! Allez on se met en route.

Moi : Tu es bien pressé, tout d'un coup...

Bluesman : Non mais bon ça va bien aussi au bout d'un moment, là.

Astrophe : Attends, ce serait pas le jour de l'Amour est dans le Pré?

Bluesman : Mais pas du tout, je...

Bounifle : Mouahaha, ok, c'est pour ça qu'il est tout fébrile, il veut pas rater le début de son émission! Je me disais aussi...

Bluesman : Mais pas du tout, je...

Moi : Franchement Bluesman, c'est la honte.

Bluesman : Mais merde, excusez-moi d'être un peu impliqué dans la partie, là! Je suis dedans, je fais des efforts et vous, vous me pourrissez! Franchement ça motive pas, quoi!

Moi : Bon bon ok, t'as raison, désolé. Par contre on finira la prochaine fois, il se fait tard.

Bluesman : Ouf, c'est cool parce que la semaine dernière Gisèle a plaqué Maurice, je voulais surtout pas rater la suite!

Astrophe, Bounifle, Moi : ...

Bluesman : ...

Moi : Tu sors.

Publié dans Bla-bla

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