L'Oeil de Kilquato (première partie)

Publié le par Aigri-man

Aujourd'hui j'ai envie de me faire une petite partie de jeu de rôle. Du coup j'ai invité mes potes Bluesman, Astrophe (mon chat) et Bounifle (lui j'ai aucune idée de qui c'est par contre). Je m'occuperai du rôle de bourreau Maître de jeu. Nous allons jouer un scénario que l'on qualifie de "pulp" : l'Oeil de Kilquato. A la base c'est pour Savage Worlds, et c'est tout pour les informations techniques.

Moi : Nous sommes en 1937, vous êtes des aventuriers chasseurs de reliques qui...

Bounifle : Moi ch'feux jouer Indiana Jones!

Moi : Non tu peux pas, faut être original, et j'ai pas pu avoir les droits pour Indiana Jones.

Bluesman : De toute façon je vais encore crever en premier, comme d'hab, t'as qu'à me filer un pré-tiré.

Astrophe : Moi je suis un chat machiavélique avec des pouvoirs de contrôle mental qui va tous vous réduire en esclavage et...

*Bruits de coups divers assénés de manière aléatoire mais néanmoins violente avec divers objets contondants*

Moi : Bon maintenant que tout le monde est bien motivé, on va pouvoir commencer. Bluesman, qui joues-tu?

Bluesman : Je suis Anthony Williams, un vieux savant anglais passionné d'ethnologie et d'anthropologie. Dégoûté par le système de retraites inexistant et suite à de multiples dépressions, j'ai suivi les conseils de mon psy et pars régulièrement à l'étranger pour piller des ruines antédiluviennes et participer activement à l'extinction de diverses espèces protégées. J'ai toujours sur moi une fiole de brandy que je tète dès que j'en ai l'occasion.

Moi : Hum, bon, ok... Astrophe, à toi.

Astrophe : Qu'est-ce qui est le plus fort juste après un chat? Je sais, une fille! Je suis Alexandra Lane, une journaliste en quête de sensations fortes et de scoops qui m'assureront richesse, notoriété et pouvoir. Je suis extrêmement séduisante et tout le monde est à mes pieds et ne rêve que de me servir. Et je m'insurge contre le fait que mon nom n'est pas en couleur.

Moi : Bon choix, les filles c'est puissant, et c'est moins feignant qu'un chat. Et c'est parce que sur fond sombre les autres couleurs disponibles font mal aux yeux. Bon Bounifle à toi.

Bounifle : Alors moi je suis un professeur d'archéologie, mais en vrai entre les cours je parcours le monde à la recherche d'artefacts que je récupère pour les remettre aux musées, afin qu'ils ne tombent pas entre les mains de gens cupides. J'ai une phobie des serpents. Je ressemble comme un frère à Harrisson Ford et...

Moi : Tu te fous de ma...

Bounifle : Mon nom c'est Kentucky James!

Moi : Ah ok, c'est bon alors.

Bluesman : Je sens que ça va être n'importe quoi.

Moi : Mais non, qu'est-ce qui pourrait aller de travers, voyons? Bien, vous recevez un coup de fil du Metropolitan Museum of Art de New York, pour lequel vous avez déjà travaillé ensemble. Ils ont trouvé dans d'anciens manuscrits sud-américains la mention d'une mystérieuse relique désignée sous le nom d'Oeil de Kilquato. Vous allez devoir aller enquêter là-dessus.

Bluesman : J'ai 50% de chances d'être sous Lexomil au moment de l'appel, je lance les dés...

Moi : Pas besoin, tu n'es pas sous Lexomil et tu ne t'en tireras pas comme ça.

Astrophe : Il écrivaient des manuscrits les sud-américains? Je croyais qu'il gravaient des tablettes en pierre plutôt.

Bounifle : Oui t'as raison, et ils brodaient des tapis avec des animaux bizarres qui tirent la langue aussi. Genre des tortues, ou des têtes de tapir, sans le corps. J'en avais un chez moi, il me faisait flipper.

Bluesman : Quoi, un tapir sans corps?

Bounifle : Non, un tapis, sauf qu'il y avait pas d'animaux bizarres dessus, juste une espèce de ville dessinée comme un cartoon.

Astrophe : C'est un tapis de jeu pour les petites voitures, ça! J'aime bien faire mes griffes dessus...

Bounifle : Oui mais c'était vu de dessus et dessiné tout petit comme si on était en train de voler super haut, sauf que je sais pas voler, moi. Ça m'a toujours fait flipper.

Moi : Bon on s'en fout! Les infos ont été trouvées sur un objet indéterminé de la collection du musée, voilà. Vous vous rendez sur les lieux pour enquêter.

Bluesman : Je suis anglais moi, qu'est-ce que j'irais foutre à New York?

Moi : C'est ton psy qui te l'a conseillé, pour ta thérapie, tu te rappelles?

Bluesman : Pfff, je suis sûr qu'il a dit ça juste pour se débarrasser de moi...

Astrophe : Allez concentrez-vous les gars! Une fois au musée je fais des recherches dans la bibliothèque pour voir si je trouve d'autres mentions de la relique, ou s'il y a des informations supplémentaires.

Moi : Merci Astrophe *caresse sur la tête*. Effectivement tu trouves quelques données éparses.

Bluesman & Bounifle : Suce-boules.

Moi : Il s'avère qu'il s'agit d'un gros joyau de couleur jaune se trouvant sur une statue géante de crocodile au milieu de ruines, quelque part au Brézil - tu remarques d'ailleurs qu'il n'est fait mention que d'un seul oeil.

Bounifle : SA PLACE EST DANS UN MUSÉE!

Moi : En effet, c'est pour ça que vous êtes là. Des missionnaires espagnols ont rapporté son existence au début du XIXe siècle, quelque part au sud-est de la rivière Purus, lorsqu'ils ont découvert les ruines.

Astrophe : Ils auraient pas pu le récupérer et le ramener directement ces incapables?

Moi : Bah non. Le conservateur du musée a organisé le voyage. Vous prendrez un vol pour Belem, au Brézil. Sur place vous prendrez l'Amazonia, un bateau affrété pour l'occasion...

Bluesman : Quelle originalité...

Moi : ...en suivant le Purus, jusqu'au village de Pinobe. Les autochtones colportent des légendes sur un dieu-crocodile, ce qui devrait vous mettre sur la piste des ruines.

Bounifle : Ah, les ruines ça laisse des pistes?

Astrophe : Oui, ça se traîne sur le sol tant que c'est pas des ruines, et quand ça trouve un bel emplacement ça s'arrête et ça décrépit.

Bounifle : Ah ok, un peu comme un éléphant!

Bluesman : Ou un tapir sans corps.

Bounifle : Ok, si c'est ça j'emmène ma mitrailleuse!

Moi : Tu n'as pas de mitrailleuse!

Bounifle : Si, regarde, elle est notée sur ma fiche!

Moi : Ah oui, merde. Attends, c'est quoi, ça, "Contrôleur de frappe orbitale"?

Bounifle : Ben un système de contrôle d'un satellite en orbite autour de la terre qui peut tirer un laser où je veux!

Moi : En 1937???

Astrophe : En même temps y'a des manuscrits sud-américains, c'est clairement une dystopie.

Bluesman : Et ça pourrait être utile pour retirer la pierre de la statue. Parce qu'à mon avis les missionnaires espagnols ils ont bien dû essayer de la chourraver pour eux, si elle y est toujours c'est qu'ils ont pas réussi. Jamais vu un missionnaire qui soit pas cupide. Ou alors c'est un qui fonde une congrégation et qui a des rapports sex...

Moi : STOOOP! Ils avaient fait voeu de pauvreté. Bon, du coup le vol se passe sans encombre. Vous avez une correspondance à Dallas puis à Mexico, où vous embarquez sur un petit biplan qui vous dépose à Belem en ce beau mercredi matin. Il est 10 heures, la chaleur est déjà torride. Belem est un entassement de maisons de fortune, faites en tôles, planches de bois et autres matériaux de récupération. L'Amazone s'étire au nord et se perd sous les frondaisons de la forêt tropicale. Vous êtes déjà assaillis par les moustiques.

Bluesman : Comment une ville si minable peut-elle avoir un aéroport?

Moi : Elle n'en a pas, le pilote s'est posé sur une bande de terre nue aménagée entre les arbres.

Bluesman : Je suis scandalisé par cette prise de risque aussi déraisonnable qu'imprévue. Je sors ma lotion anti-moustique, ma crème solaire indice 50 et mon ventilateur portatif. J'essaie de nouer un contact en demandant aux indigènes s'ils ont de la mescaline à vendre.

Bounifle : Je me balade en bombant le torse avec ma mitrailleuse en bandoulière, histoire que ces bouseux comprennent bien qui est le boss, ici.

Astrophe : Je défais les premiers boutons de ma chemise pour que tout le monde puisse voir mon décoletté plongeant, les gouttes de sueur coulant le long du galbe généreux de mon opulente poitrine. Mes vêtements de coton léger sont plaqués sur mon corps voluptueux par la chaleur étouffante, et...

Moi : C'est pas parce que tu es une fille et qu'on fait du jeu de rôle que tu dois être forcément à poil et prendre des poses aguicheuses, hein?

Astrophe : J'ai jamais dit que je prenais des poses aguicheuses ou quoi, c'est juste pour repérer les types les plus primaires afin d'en faire mes larbins. On a encore rien trouvé de mieux que les seins pour rendre les hommes encore plus idiots, j'y peux rien.

Moi : Dans ce cas inutile de me faire une description à la Gérard de Villiers. On dirait que tu aimes ça. Ça fait sale et pervers. Tu es une femme séduisante, inutile d'en rajouter des caisses.

Astrophe : ...

Bluesman : Ça m'a rappelé le film du dimanche soir sur la 6. Pas ceui de 20h30, hein.

Bounifle : Moi je trouve qu'il fait chaud, là d'un coup, non?

Moi : Bon, Anthony tu trouves de la mescaline mais tu dois rallonger avec une boîte de Prozac, faute de liquidités.

Bluesman : C'est bon j'en ai pris plein.

Moi : Visiblement votre comportement tout à fait innocent attire l'attention, et vu les regards qu'on vous lance celle-ci n'est pas bienveillante. Au bout d'un moment quatre hommes à l'allure louche s'approchent de vous d'un air menaçant. "Holà gringos, on aime pas trop les fauteurs de troubles par ici. Si vous avez besoin qu'on vous refroidisse un petit peu, mes amigos sont là. On peut aussi s'occuper de la petite dame, mais ce sera pas la même température."

Bounifle : Ok, j'arrose ces gros dégueulasses avec ma mitrailleuse. En plus je suis sûr qu'ils ont une moustache.

Moi : Mais... il y a d'autres gens innocents aux alentours!

Bounifle : Tant pis, on ne fait pas de guerre sans quelques dégâts collatéraux!

Bluesman : Je lance un dé pour voir si je me prends une balle perdue.

Moi : Non pas besoin. Tout le monde meurt, fauché par les balles meurtières, la violence de l'attaque a pris tout le monde par surprise. La rue se vide en un instant, ne laissant que des cadavres ensanglantés. Tu as tué les quatre hommes plus deux autres qui n'avaient rien demandé, ainsi qu'une mère et son enfant d'une dizaine d'années.

Bounifle : "Diego, nooooon! Tu ne seras jamais footballeur professionnel! Ta mort sera vengée, je te le promets!"

Bluesman : Comme j'ai pris de la mescaline je ne suis pas sûr de ce que je vois, mais je trouve ça rigolo.

Astrophe : MES SERVITEURS! Tous mes efforts, réduits à néant en une seconde...

Bounifle : Tes efforts? Tu n'as fait que marcher...

Astrophe : Ben oui, je sais pas ce qu'il te faut!

Moi : Bon bon, il fallait réfléchir avant... Il ne faudra sans doute pas très longtemps avant que les représailles arrivent, que faites-vous?

Bluesman : Si on fuyait vers le port pour chercher notre bateau?

Bounifle : Ah oui, je l'avais oublié le bateau! Ok, bonne idée Alexandra!

Bluesman : Moi c'est Anthony.

Astrophe : Oui mais moi c'est Alexandra, et c'était bien mon idée.

Moi : Vous courez vers le port, et vous arrivez en vue de l'Amazonia. Il s'agit d'un bateau fluvial à fond plat. Il est chargé de matériel et prêt à partir. Un homme qui se présente comme José Cortez vous fait monter à bord. Il vous demande si vous savez ce qui s'est passé un peu plus tôt, il a entendu un bruit de fusillade.

Bounifle : Il est avec eux! Je le flanque par-dessus bord, et quand sa tête ressort de l'eau je lui crie "SA PLACE EST DANS UN MUSÉE, ENFOIRÉ!", puis je démarre le bateau et on quitte cette ville pourrie.

Astrophe : C'était pas notre guide, lui?

Bluesman : J'ai l'impression qu'Anthony et Alexandra sont des lutins avec des têtes de poney, je décide de leur carresser la crinière.

Astrophe : Dès qu'il fait mine de me toucher je lui mets mon poing dans la gueule. Je suis une experte en combat de rue.

Moi : Votre bateau s'éloigne d'une Belem laissée à feu et à sang. Des balles sifflent à vos oreilles tandis que vous apercevez sur le ponton une foule brandissant poings, fourches et kalashnikovs.

Bluesman : La kalashnikov n'a été inventée qu'en 1947.

Moi : Franchement j'en ai rien à battre.

Bounifle : "Hardi les amis, en route vers de nouvelles aventures!"

Astrophe : Tu sais où tu vas?

Bounifle : Ben c'est un fleuve, y'a que deux directions. Donc au pire...

Bluesman : Au pire on se retrouve pas du tout là où on devrait.

Bounifle : Oui, voilà, c'est ça.

Astrophe : Bon du coup il se passe quoi?

Moi : Avec vos conneries on a plus le temps, on verra à la prochaine session. Je vais me prendre un petit ibuprofène tiens.

Bluesman : Tiens j'ai pas fini mon brandy, ça passe mieux avec.

Bounifle : Bon la prochaine fois je vous amène mon tapis, vous allez voir, c'est flippant.

Astrophe : Alors moi je vous amènerai un tête de tapir!

Publié dans Bla-bla

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