L'Oeil de Kilquato (troisième partie)

Publié le par Aigri-man

Aujourd'hui, retour à la normale. Je vais à nouveau pourrir les gens en parlant d'un truc que ça fait trop longtemps que j'en ai pas parlé (non, cette phrase n'est grammaticalement pas terrible, mais je m'en fous) : les pastèques (quel fruit de merde).

Donc les pastèq...

Bounifle : WOPOPO DIS DONC LÀ! Et la suite du scénar?

Moi : Nan mais j'ai plus envie, là, z'êtes trop pénibles. De toute façon Bluesman est pas là...

Bluesman : Mais si, ça fait une heure que je suis assis en face de toi!

Moi : ... et Astrophe est entrain de faire la sieste.

Astrophe : Non, pas du tout.

Moi : ...

Astrophe : Allez, on sera gentils cette fois!

Bounifle : Oui, en plus on a trop envie de connaître la suite!

Bluesman : Enfin faut pas exagérer non plus hein...

Astrophe : Allez steup' steup', steup'...

Astrophe, Bounifle : ...steup', steup', steup'...

Astrophe, Bounifle, Bluesman : ... steup', steup', steup'...

Moi : Bon ça suffit, ok, mais au moindre partage en couille on arrête, c'est clair?

Astrophe, Bounifle, Bluesman : ...

Moi : Hum, je n'aime pas trop ce silence, mais je vais prendre ça pour un oui.

Astrophe : "Gné hé hé, quel naïf..."

Moi : Pardon?

Astrophe : Nan rien, je croyais que j'avais mis la balise "think" mais je me suis trompé de bouton.

Moi : Bon. On s'était arrêtés alors que vous vous mettiez en route en direction de ces putains de ruines.

Bounifle : Pour quoi faire, déjà?

Bluesman : Retrouver l'Oeil de Kilquato pour le donner au musée de New York qui pourra le montrer à tout plein de gros gens qui n'en ont rien à foutre et qui sont de toute façon incapables de faire la différence entre un joyau à la valeur inestimable et un bout de zircon poli. Une belle motivation pour retirer cet objet de son lieu actuel, où il se trouve depuis des centaines d'années.

Moi : Force m'est de te contredire malheureusement, mon cher Bluesman.

Bluesman : Quoi, tu vas me dire que ces gros cons d'américains verraient la différence?

Moi : Non, mais pour ramener l'Oeil, vous êtes payés.

Bluesman : Ah oui, bon ben forcément ça justifie tout...

Astrophe : Moi à moi ça me suffit.

Bounifle : Moi du moment que je peux canarder à tout va, hein...

Bluesman : Ben v'là les philanthropes, tiens...

Moi : Toujours est-il que vous marchez depuis deux heures quand vous tombez sur une rivière, large d'environ douze mètres. Pas de gué, pas de pont, pourtant il faut traverser.

Bounifle : Je regarde aux environs si je trouve quelque chose d'intéressant.

Moi : Tu vois un singe qui est à moitié dans l'eau. La partie immergée est entièrement dévorée, il ne reste plus que les os.

Bounifle : Merde les gars, c'est une rivière d'acide!

Astrophe : Mais non patate, c'est des piranhas!

Bounifle : Oui, ou ça effectivement.

Bluesman : Bon ben fin de l'histoire, hein, on rentre.

Bounifle : Pas question! On est arrivés jusque-là, on repart pas les mains vides!

Astrophe : Et si on retournait au village chercher des mecs et qu'on les balançait dans l'eau, on pourrait traverser pendant que les piranhas les bouffent?

Moi : Non, hors de question.

Bluesman : Finalement dommage qu'on ait pas secouru les pirates, ils auraient été utiles là.

Bounifle : Est-ce que je peux faire un rocket-jump avec ma mitraillette?

Moi : Tu me poses une vraie question, là?

Bounifle : J'en déduis que c'est non...

Astrophe : On a qu'à couper un arbre pour s'en faire un pont et traverser dessus.

Bluesman : Quelqu'un a une hache?

Bounifle : Y'a pas marqué "bûcheron", là, et j'ai pas mis ma chemise à carreaux...

Astrophe : Comme je l'ai déjà dit Alexandra est experte en combat de rue, je fais donc comme dans Kill Bill et j'abats un arbre avec mon coup de poing fulgurant du ki de la paume vibratoire des gencives.

Moi : Tu te pètes la main.

Astrophe : M'en fous, j'en ai une autre.

Bounifle : Je sais, Bluesman, plante des Prozac sous les racines, comme ça l'arbre sera tellement détendu qu'il va se pencher tout seul au dessus de la rivière!

Moi : Ça peut marcher effectivement, sauf qu'il y a deux petits problèmes...

Bounifle : Ah? Lesquels?

Moi : Ça prendrait des années.

Astrophe : Et le deuxième?

Moi : Ça peut pas marcher.

Bounifle : Rhââ mais tu nous mets des situations trop balèzes là! Comment veux-tu qu'on se sorte d'un problème où défourailler ne sert à rien?

Astrophe : Une corde! On a qu'à tendre une corde au dessus de la rivière et on traverse en tyrolienne!

Moi : Pas mal, mais comment vous accrochez l'extrémité de l'autre côté?

Bluesman : Ben avec le trampoline!

Moi : Ah bon ok... Hein, quoi?

Bluesman : Oui en fait j'ai créé mon perso avec le supplément Règles obscures et abusées qui n'est paru qu'au Burkina Faso en sanskrit en 1976. Il a été tiré à 3 exemplaires uniquement et est collector, mais il est canon et accepté dans la plupart des tournois. Et dedans ils disent que tu peux démarrer avec un trampoline pliant et portable.

Moi : Mais... mais... c'est dégueulasse!

Bluesman : J'y peux rien, c'est dans le bouquin... ou alors tu préfères tricher comme un gros bolchévique et fouler au pied des règles bêta-testées pendant des années par des millions de joueurs? Comme tu veux mais je ne donne pas cher de ta peau de MJ quand les intégristes te tomberont sur le dos.

Moi : Bon ben... tu utilises ton trampoline pliant et portable pour sauter de l'autre côté de l'eau et tu attaches la corde alors.

Bluesman : "C'est bon, c'est fixé, vous pouvez me rejoindre!"

Astrophe : Les femmes d'abord!

Moi : Fais-moi un jet d'Agilité...

Astrophe : Ah merde.

Moi : Tu glisses et perds ton équilibre. Tu parviens à t'accorcher à la corde des deux mains, mais malheureusement tes jambes entrent dans l'eau, et aussitôt tu sens des milliers de petites piqûres te transpercer la chair.

Astrophe : "Hiiiii sortez-moi de là!"

Bounifle : Ohmerdohmerdohmerde! JE COUPE LA CORDE!

Astrophe : QUOI?

Bluesman : Oh le con.

Moi : Aussitôt Alexandra tombe entièrement dans l'eau, la rivière semble se mettre à bouillonner et l'eau devient écarlate. Seul le visage de ton amie dépasse encore, mais la douleur et la panique le rendent méconnaissable. Ses yeux sont exorbités et sa bouche est figée dans un rictus de terreur absolue.

Bounifle : Je tire sur la corde pour la ramener vers moi le plus vite possible!

Moi : Quand Alexandra sort de l'eau, son corps semble n'être plus qu'une pulpe sanguinolente. Quelques poissons sont toujours accrochés à sa chair et gigotent frénétiquement. La séduisante jeune fille n'est plus qu'une plaie béante, ce qui reste de ses vêtements est inondé de sang et laisse apparaître des milliers d'empreintes de dents acérées comme des aiguilles. Son torse et ses jambes sont ravagés, et on aperçoit ses os par endroit.

Astrophe : MAIS QU'EST-CE QUE T'AS FOUTU ABRUTI!

Bounifle : Bon ça va, j'ai paniqué, ça arrive. Mais t'inquiètes, j'ai la compétence Premiers Secours, je vais te soigner.

Moi : Ben vas-y, fais ton jet, mais bon te fais pas trop d'illu...

Bounifle et Astrophe : LE JET DE OUF'!

Moi : Ah ouais, quand même! Bon ben bonne nouvelle Alexandra, tu es comme neuve.

Astophe : Quoi, comment ça?

Moi : Ben t'es plus blessée ni rien.

Astrophe : J'ai même pas de séquelles ou de cicatrices, c'est guéri comme ça pouf?

Moi : Eh oui, c'est du jeu de rôle, ça marche comme ça. Par contre tes vêtements ne sont pas réparés, eux.

Astrophe : Ah bon, c'est con mais c'est cool. "Ne me refais plus jamais un coup comme ça! Et file-moi ta chemise!" Et je lui mets un taquet, à ce gland.

Moi : Grâce à ton coup de poing fulgurant du ki de la paume vibratoire des gencives tu lui brises la nuque.

Bounifle : Rien à battre franchement, quelqu'un peut me dire à quoi ça sert une nuque? À rien, voilà.

Bluesman : Depuis l'autre rive je les appelle : "Eh les gars vous allez rire mais en fait vous pouviez utiliser le trampoline comme moi!"

Bounifle : Tu le savais depuis le début, hein?

Bluesman : Oui.

Astrophe : L'enfoiré, je le préfère quand il est sous cachetons.

Moi : D'ailleurs Kentucky comment t'as fait pour tracter Alexandra, si si c'est toi qui as coupé la corde c'est Anthony qui aurait du le faire... Bref on s'en cogne, vous traversez en utilisant le trampoline...

Bluesman : Accrochez la corde dessus que je puisse le récupérer.

Bounifle : On l'emmerde ton trampoline! Je traverse direct.

Astrophe : Moi aussi.

Moi : Après de nouvelles péripéties impliquant des nazis et un crocodile mort que j'ai pas trop envie de détailler vu comment c'est parti vous arrivez enfin aux ruines.

Bounifle : Attends tu peux pas faire ça! Qu'est-ce que c'est que cette histoire?

Moi : Nan mais c'est bon, ils avaient des moustaches et tu les as butés avec ta mitraillette.

Bounifle : Ah ok, c'est cool.

Moi : Au milieu des ruines se dresse une gigantesque statue de crocodile. À la place de son oeil vous apercevez un énorme joyau jaune, de la taille d'une tête humaine...

Astrophe : ...ou d'un sein d'Alexandra.

Moi : Des indigènes sont rassemblés ici. Ce qui ressemble à un chaman se tient sur une plateforme en hauteur, au-dessus d'une autre rivière dans laquelle nagent en cercles des crocodiles. Un type est pendu par une corde la tête en bas, juste au-dessus des sauriens qui semblent attendre ce bon repas pas cher. Soudain le chaman coupe la corde et le type tombe. Aussitôt il se fait déchiqueter.

Bounifle : Purée, fait vraiment pas bon se baigner dans ce pays de merde...

Moi : Soudain il se tourne vers vous, tend un doigt rageur dans votre direction et hurle une phrase incompréhensible. Les autres indigènes se retournent alors et vous voyez que leur peau a une apparence écailleuse, leurs yeux luisent d'une lueur jaunâtre et leurs dents sont effilées comme des rasoirs.

Astrophe : Ça sent la baston.

Bluesman : "Kentucky, c'est un travail pour toi".

Bounifle : "Oh que oui."

Moi : Bon comme c'est le grand combat final je vais mettre le plan en place et sortir les figurines...

Bounifle : Non non t'emmerdes pas.

Astrophe, Bluesman, Moi : Hein?

Bounifle : Je pointe mon contrôleur de frappe orbitale sur eux et j'appuie sur la gâchette.

Astrophe, Bluesman : GÉNIAL!

Moi : Je te déteste.

Bounifle : Allez, on gagne du temps comme ça!

Moi : Vous entendez un léger crépitement qui se fait de plus en plus intense, et tout à coup une gigantesque colonne de lumière noie la scène devant vous. Une forte odeur d'ozone emplit vos narines, et malgré vos paupières closes par réflexe vous êtes quasiment aveuglés par l'éclat du rayon. Quand vous sentez que vous pouvez à nouveau ouvrir les yeux vous vous rendez compte que plus rien ne subsiste : les ruines, les indigènes, la statue, seul le joyau, luisant sur le sol comme s'il avait absorbé une partie de l'énergie du laser, demeure, unique témoin de la grandeur des édifices séculaires qui se tenaient ici auparavant.

Bounifle : Bon ben voilà, pex!

Bluesman : Attends, je viens de penser à un truc, comment on va rentrer vu qu'on a plus le trampoline?

Astophe : Nan mais c'est comme dans Zelda, quand tu finis le donjon tu reviens direct à l'entrée, on s'en fout du retour. Pex!

Moi : De toute façon là je suis blasé. Pour le pourrissage intégral de ce super scénar je vous accorde 1 pex, et franchement c'est cher payé.

Astrophe, Bluesman, Bounifle : Ouaaaaaais!

Astophe : Combien il faut de Pex pour monter mon Charisme?

Moi : 37.

Bounifle : Je peux m'acheter un vaisseau spatial avec l'argent de la récompense?

Moi : Non.

Bluesman : Nan mais tu serais pas un peu aigri par hasard?

Moi : Je vois pas ce qui te fait dire ça...

Bounifle : Allez, c'était marrant!

Moi : Je vous préviens la prochaine fois c'est pas moi qui m'y colle.

Astrophe : Non la prochaine fois c'est moi, je vous ferai un scénar Vampire la Mascarade.

Bounifle : Le truc où on est assis dans une salle avec un balai dans le cul, où on dit des trucs comme "Salutations", "Messire", "Ne trouvez-vous point" et ce genre de connerie?

Astrophe : Oui.

Bluesman : Et où on doit se la péter en prenant un ton spirituel et conspirateur?

Astrophe : Oui.

Moi : Et où il faut pas trop déconner paske c'est un jeu où on raconte une histoire et que c'est sérieux pas comme les autres jeux où c'est rien que des grobills qui veulent rien qu'à taper sur des monstres pour monter de niveau?

Astrophe : Oui.

Bounifle, Bluesman : Cool.

Moi : "Putain comment ça sent le partage en latte, ça, hé hé hé..."

Astrophe : Quoi?

Moi : Non non rien, je voulais utiliser la balise "think" mais je me suis trompé de bouton. Bon ben voilà, y'a plus qu'à plier les gaules. Oubliez pas vos petites affaires, le tapis de jeu, le trampoline... et surtout la tête de tapir, elle commence à blairer sévère.

Bounifle : En tout cas merci Aigri-man, c'était bien marrant. Pour la récompense tu nous fais des chèques?

Moi : Eh non, c'est du jeu de rôle, y'a pas de vraie récompense.

Astrophe, Bluesman, Bounifle : Ah bon?

Moi : Eh non. D'ailleurs notre amitié c'était du jeu de rôle aussi, en vrai je peux pas vous encadrer. Dégagez de chez moi où je lâche les chiens.

Bluesman : Pfff ça y est il est tout énervé.

Astrophe : Allez fais pas la gueule, on t'a ramené un petit quelque chose pour te remercier...

Moi : Quoi?

Astrophe, Bounifle, Bluesman : UNE BONNE TRANCHE DE PASTÈQUE!

Moi : RHÂÂÂÂÂÂÂÂÂ!

Publié dans Bla-bla

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