Barbarou!

Publié le par Aigri-man

Je vais une fois de plus vous parler d'un film que j'ai adoré et que tout le monde a détesté : Conan (celui qui vient de sortir). Oui je sais, pas de suspense aujourd'hui, juste un pragmatisme brutal qui va droit à l'essentiel. Comme le sujet de cet article.

Conan, l'aventurier

Avant de commencer ma critique non-constructive j'aimerais dresser un état des lieux. Tout d'abord je suis un fan de Conan.

J'adore les nouvelles en premier lieu : du pur pulp, de l'aventure, un héros invincible qui tue ses ennemis et tombe les nanas aussi facilement qu'une déclaration d'impôts efface un sourire sur un visage, des monstres, de la magie. Pas de prise de tête, le plaisir est immédiat, en quelques lignes Howard nous transporte dans des contrées exotiques et dangereuses, où Conan par sa force et sa ruse (j'y reviendrai) triomphe de tous les obstacles. De la littérature pour ados attardés diront certains, mais je les emmerde (eh oui je suis comme ça moi, j'emmerde les gens).

J'adore le film de John Millius, sorti en 1982 (ah ouais j'avais 3 ans quand même). C'est une fresque brutale et magnifique, servie par une musique envoûtante. Le mélange de fureur et de contemplation qui s'en dégage en a fait une oeuvre culte, sans compter que ce film marque les débuts de la carrière cinématographique du "petit" Arnold Schwarzenegger, qui incarnait de fort belle manière un Conan, littéralement barbare. Bref : un film magnifique.

Euh, oui mais... attendez, là... un truc me chiffonne...

Ah oui, ça y est, je sais. En fait le truc qui me chiffonne, c'est que le Conan du film n'a gardé que le côté "Barbare" de son titre. Du coup dans l'esprit de tout le monde : Conan = Grô muscle très con. Grave erreur.

Tout d'abord pour ceux qui ont bien suivi, dans le film le narrateur dit que Conan a appris la lecture, l'écriture et même la philosophie (certes sur le tard, mais vu son enfance de merde on comprend qu'il ait eu autre chose à foutre). On ne peut pas dire que ça ait été vraiment exploité par la suite. Dans les nouvelles toutefois il est loin d'être la montagne de muscles écervelée que Schwarzie ("Tu permets que je t'appelles Schwarzie, hein?") incarne. On l'appelle "barbare" car il est issu d'un village reculé n'appartenant pas au monde soi-disant "civilisé". Le terme est donc totalement subjectif. Eh oui, Conan est intelligent. ET il est très musclé.

Héros magique des temps passés

Passons au film qui nous m'intéresse aujourd'hui : Conan, de Marcus Nispel, qui se veut une nouvelle adaptation des nouvelles de Howard. Pas un remake ou une suite, mais bien ce qu'on appelle de nos jours un "reboot".

Je vais tout d'abord vous donner de bonnes raisons pour lesquelles vous ne devriez PAS aller voir ce film :

- Ce que vous aimez au cinéma, c'est le scénario et les intrigues à rebondissements
- Vous êtes un(e) féministe convaincu et la moindre démonstration de machisme vous donne des envies d'émasculation
- Vous aimez les films d'arts et d'essais
- Vous analysez chaque parole, chaque acte et chaque situation et les interprétez comme autant de symboles politiques, religieux, voire fascistes (ben oui hein, les symboles c'est toujours fasciste!)
- Vous pensez que le cinéma est une chose sérieuse et qu'on ne doit surtout pas s'y amuser

Si je n'étais pas Aigri-man j'hésiterais sans doute à vous dire que vous êtes donc quelqu'un de très chiant. Heureusement, je suis Aigri-man et c'est dans ces cas-là que j'aime être moi.

Vous êtes donc quelqu'un de très chiant. En même temps si vous allez voir ce film c'est que vous êtes aussi très con, puisqu'il est évident que vous ne pouvez pas aimer Conan, quel que soit son média. C'est physique (mais néanmoins pas sale).

J'en arrive au moment où je vous dis pourquoi j'ai adoré ce film. Eh oui, c'est maintenant, je sais, comme le temps passe:

- Les personnages : des méchants très méchants et très moches, des gentils très gentils et très beaux (enfin ça va quoi). Manichéen à souhait, ça faisait tellement longtemps que j'avais pas vu ça que ça m'a fait tout drôle.
- Le scénario, on ne peut plus conanesque : le méchant détruit le village de Conan et le laisse pour mort. Le méchant cherche une fille pour un rituel de méchant. Conan ramasse la fille en question par hasard, se bat contre le méchant et perd. Le méchant embarque la fille. Conan va péter sa sale gueule de méchant au méchant chez lui, et récupère la fille. The end. Pas de rebondissement, pas de surprise. Pas de twist à deux boules à la fin qui annonce une suite. Rien. Juste la plus vieille histoire du monde. Et ça fonctionne encore (comme quoi...)
- Contrairement à ce que laisse supposer la bande-annonce il n'y a pas de débauche de monstres et de combats interminables. Il y a en fait un seul monstre et plusieurs combats, mais jamais trop longs.
- C'est Conan. Je ne me suis jamais engagé à être objectif.

Ton nom restera à jamais

Parlons du personnage principal. Ce sera rapide : c'est Conan. Il est fort, musclé (mais pas trop), intelligent. Complètement rustre, mais c'est l'époque qui veut ça. Il a du coeur, il aide les gens quand il le peut. Il a bourlingué et s'est fait tout un tas d'amis, des vrais, avec fidélité et confiance réciproque, tout ça. Et il aime bien courir le guilledoux, si vous me passez cette expression. Il incarne exactement ce que tout adolescent normalement constitué aspire à être, au moins une fois dans sa vie.

Quant à l'acteur, une fois qu'on a réussi à passer outre la comparaison avec son prédécesseur, et ben il est nickel. Un peu comme Hugh Jackman avec Wolverine, vous voyez? La même. Je ne sais pas trop pourquoi il a écopé d'une prothèse de front, mais finalement ça ne choque pas tellement. Jason Momoa (car c'était lui!) est tout à fait dans le ton, et ça c'est bon, coco. 

Le second rôle féminin est très bon aussi, tout à fait dans l'esprit des romans encore une fois. Ce n'est pas une faible femme sans défense, elle sait se battre et tout, mais pas trop quand même (sinon Conan ne sert à rien). Elle a tendance a beaucoup crier par contre, surtout pendant les bastons. Elle remplit donc bien son office de copine-de-héros à aller sauver.

Je ne m'attarderai pas sur les autres personnages, bien dans l'esprit. Le côté "moche" était sans doute un peu outrancier quand même, mais après tout l'outrance est le concept fondateur de l'ensemble.

Le sauveur de l'humanité

En ce qui concerne la musique, c'est en revanche assez décevant. Minimum syndical, Tyler Bates ne s'est pas foulé, capitulant sans doute d'avance devant l'impossibilité d'égaler Poledouris. De bonnes percus tribales mais rien de vraiment fou. Sitôt écouté, sitôt oublié.

Pour résumer ce film est une ode à la simplicité et à la testostérone, avec la grosse paire de balloches qui va avec. Il s'en dégage même une certaine nostalgie d'une époque révolue, où les seules choses qui semblaient importantes étaient le nombre de boutons sur notre tronche et la taille de bonnet de la bombasse de la classe (celle que vous étiez sûr de ne jamais vous taper). Le temps passe vite, il n'y a pas de longueur, tout dans ce film va vraiment à l'essentiel, sans se prendre pour autre chose que ce qu'il est. Et bien ça va peut-être vous étonner, mais c'est drôlement rafraîchissant je trouve.

Bref, Conan n'est sans doute pas un grand film. Mais en ce qui me concerne, c'est un excellent Conan.

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Neerval 01/09/2011 04:08


Il est Conan. Un Cimmérien. Il ne pleurera pas... Alors, je pleure pour lui.

A ce film, tu dois te fier.


Aigri-man 01/09/2011 11:13



Crom!